L’importance du site avait été démontrée dès le milieu du 19ème siècle avec la découverte d’un cimetière gaulois situé dans les fosses du château de Robert le Diable. Ces fouilles, menées à l’occasion de travaux de terrassement décidés par M. Marin alors propriétaire du château, permirent de dégager en 1855 une trentaine de vases funéraires.

Deux ans plus tard, une quarantaine de nouvelles urnes étaient également dégagées dans les fossés : elles contenaient des ossements et l’une d’elles renfermait une petite coupe en terre, une épée et une pointe de lance. La localisation de ces nécropoles gauloises, remontant sans doute au premier siècle, a conduit certains historiens à suggérer que le château avait été élevé à l’emplacement d’un retranchement gaulois devenu un camp romain.

Cette hypothèse, que le puits du château creusé à une trentaine de mètres de profondeur et que l’on dit être gallo-romain semble confirmer, s’accorde parfaitement avec la géographie puisque le site commande par sa position stratégique toute la boucle de la Seine.

En effet, les fouilles qui ont été menées confirment l’existence d’un puits datant de l’époque gallo-romaine et étant situé dans l’enceinte. Au lieu-dit La Maredotte, dans le bois de Moulineaux, à quelques mètres du château, les substructions d’une villa gallo-romaine ont été mises en évidence. Cette villa a probablement été détruite par un incendie au 3ème siècle.

Mais l’histoire moderne du château ne commence vraiment qu’en 1903. Le propriétaire de la colline M. Oscar Cosserat fit défricher les vestiges du château, relevé par Philippe Auguste. Audacieusement, il rêva de restituer au paysage l’ancienne forteresse. Il rebâtit au nord la tour de Rouen, au sud celle de Bourgtheroulde, et consolida les souterrains. Grâce à lui le château de Robert le Diable ressuscita de ses cendres.

La visite du château était alors possible, et un petit musée dans lequel étaient exposés des souvenirs ramassés lors des fouilles en 1903 avait été aménagé dans la Grande Tour. Mais en quatre années de 1940 à 1944 tout cela disparu : volé, dispersé, anéanti, saccagé.

Dix ans après en 1953, Roger Parment entreprit, avec l’aide plusieurs bénévoles, de sauver une fois de plus ces ruines féodales, toujours abandonnées. La première consécration de cette œuvre se situe le 12 avril 1954 : le château rouvre ses portes aux visiteurs. C’est-à-dire qu’ils pouvaient enfin visiter les ruines sans risques de tomber au fond d’un puits !

Ils pouvaient en toute quiétude, en se laissant guider à travers les souterrains et les salles aménagées, visiter ce cadre où l’on peut découvrir l’un des plus beaux panoramas de Normandie.

Les restaurations qui ont eut lieu au 20ème siècle sont l’œuvre de l’architecte départemental Lefort, qui s’appliqua à restituer, selon les données anciennes recueillies et au gré des fouilles exécutées, l’aspect exact de l’édifice au début de sa ruine.

Malheureusement, pour des raisons de sécurité, le château est à nouveau fermé actuellement, et ce, depuis Octobre 2003.