Moulineaux et la Vallée de Seine

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samedi 29 avril 2006

Le rôle du château

Le château de Moulineaux aurait été construit à l’instigation de Richard Cœur de Lion, pour former avec les Andelys, Radepont et Orival, un système de défense des passages de la Seine et de l’Andelle.

Le château a été édifié vers les 11–12è siècles et contrairement à beaucoup de forteresses normandes, le matériau utilisé n’est pas de la pierre de Caen mais du silex. Vers 1199, Richard Cœur de Lion y fit accomplir des travaux et y séjourna quelques temps.

Il fut également le fondateur de la forteresse château Gaillard ainsi que de son successeur Jean sans Terre.


Richard Coeur de Lion Jean Sans Terre

Ce dernier se réfugia à Moulineaux après avoir assassiné son neveu Arthur de Bretagne, puis fit démanteler le château pensant retarder l’avance de Philippe Auguste, avant de s’enfuir en Angleterre, dans son royaume.

C’est ainsi que les Rois d’Angleterre perdirent la Normandie. Ainsi furent séparées Normandie et Angleterre dont en 1066, Guillaume le Conquérant avait fait, avec la bénédiction du Pape, le Royaume anglo-normand.

Philippe fit relever le château car cette petite place forte servait à contrôler l’entrée de Rouen. En effet, situé sur une colline qui domine la Seine de très haut avec une vue qui s’étend sur toute la région rouennaise, cela en faisait une situation particulièrement.

En 1418 les rouennais croyant, à leur tour, à l’importance stratégique de Moulineaux en sacrifièrent les tours et les firent sauter. A leur avis, il y avait là de quoi empêcher les anglais de se fortifier dans leur conquête de notre province. Ils se trompaient car les Anglais demeurèrent à Rouen de 1418 à 1449.

En 1430-1431, Jeanne d’Arc y fut emprisonnée, et le château fut à nouveau démantelé au 16ème siècle, pour demeurer à l’état de ruines pendant plusieurs siècles, donnant dès lors proie à toutes sortes d’histoires et de légendes, personnes n’osant y habiter. Le château fut en effet sujet à de nombreux pillages, saccages et destructions.

Ainsi nous pouvons dire que la vie quotidienne des Moulinais fut profondément marquée par cette intense vie féodale ou seigneuriale mais les documents conservés ne permettent d’en retracer que les faits les plus marquants. Ainsi lorsque le Château de Robert le Diable fut pris par les anglais en 1365, la plupart des maisons du village furent pillées et incendiées.

A partir du XVème siècle...

A partir du 15ème siècle, le château appartint au domaine royal sans qu’il ne soit possible de déterminer à quelle époque il en sortit. Il fut ensuite possédé par les barons de Mauny qui le portèrent au 17ème siècle à la famille d’Etampes qui le conserva jusqu’en 1832.

Il connut dès lors plusieurs propriétaires successifs avant d’être racheté au début du siècle par Oscar Cosserat dont les héritiers le possèdent encore aujourd’hui.

En véritable mécène, O. Cosserat entreprenait entre 1900 et 1905 de relever les ruines du château de Robert le Diable. Il fit reconstruire sous la direction de Lucien Lefort, architecte des Monuments Historiques, les tours de Bourgtheroulde et de Rouen puis aménagea en 1907 un petit musée dans lequel étaient exposés les vestiges archéologiques exhumés lors des travaux. La seconde guerre mondiale vint le ruiner.

Une maquette en plâtre, réalisée à la fin du 19ème siècle par Jean-Baptiste Foucher, permet de retrouver l’aspect que devait avoir la forteresse au 13ème siècle avec son donjon, ses quatre tours d’angle, ses imposantes murailles courant sur plus d’une soixantaine de mètres et sa chapelle dont le siège fut transféré en 1419 en 1419 dans l’Eglise Saint-Jacques le Majeur.

Au début du 20ème siècle, les romantiques allemands réalisèrent des gravures représentant les ruines s’élançant par-dessus les broussailles, les ronces, les mûriers sauvages.

vendredi 28 avril 2006

Fouilles archéologiques

L’importance du site avait été démontrée dès le milieu du 19ème siècle avec la découverte d’un cimetière gaulois situé dans les fosses du château de Robert le Diable. Ces fouilles, menées à l’occasion de travaux de terrassement décidés par M. Marin alors propriétaire du château, permirent de dégager en 1855 une trentaine de vases funéraires.

Deux ans plus tard, une quarantaine de nouvelles urnes étaient également dégagées dans les fossés : elles contenaient des ossements et l’une d’elles renfermait une petite coupe en terre, une épée et une pointe de lance. La localisation de ces nécropoles gauloises, remontant sans doute au premier siècle, a conduit certains historiens à suggérer que le château avait été élevé à l’emplacement d’un retranchement gaulois devenu un camp romain.

Cette hypothèse, que le puits du château creusé à une trentaine de mètres de profondeur et que l’on dit être gallo-romain semble confirmer, s’accorde parfaitement avec la géographie puisque le site commande par sa position stratégique toute la boucle de la Seine.

En effet, les fouilles qui ont été menées confirment l’existence d’un puits datant de l’époque gallo-romaine et étant situé dans l’enceinte. Au lieu-dit La Maredotte, dans le bois de Moulineaux, à quelques mètres du château, les substructions d’une villa gallo-romaine ont été mises en évidence. Cette villa a probablement été détruite par un incendie au 3ème siècle.

Mais l’histoire moderne du château ne commence vraiment qu’en 1903. Le propriétaire de la colline M. Oscar Cosserat fit défricher les vestiges du château, relevé par Philippe Auguste. Audacieusement, il rêva de restituer au paysage l’ancienne forteresse. Il rebâtit au nord la tour de Rouen, au sud celle de Bourgtheroulde, et consolida les souterrains. Grâce à lui le château de Robert le Diable ressuscita de ses cendres.

La visite du château était alors possible, et un petit musée dans lequel étaient exposés des souvenirs ramassés lors des fouilles en 1903 avait été aménagé dans la Grande Tour. Mais en quatre années de 1940 à 1944 tout cela disparu : volé, dispersé, anéanti, saccagé.

Dix ans après en 1953, Roger Parment entreprit, avec l’aide plusieurs bénévoles, de sauver une fois de plus ces ruines féodales, toujours abandonnées. La première consécration de cette œuvre se situe le 12 avril 1954 : le château rouvre ses portes aux visiteurs. C’est-à-dire qu’ils pouvaient enfin visiter les ruines sans risques de tomber au fond d’un puits !

Ils pouvaient en toute quiétude, en se laissant guider à travers les souterrains et les salles aménagées, visiter ce cadre où l’on peut découvrir l’un des plus beaux panoramas de Normandie.

Les restaurations qui ont eut lieu au 20ème siècle sont l’œuvre de l’architecte départemental Lefort, qui s’appliqua à restituer, selon les données anciennes recueillies et au gré des fouilles exécutées, l’aspect exact de l’édifice au début de sa ruine.

Malheureusement, pour des raisons de sécurité, le château est à nouveau fermé actuellement, et ce, depuis Octobre 2003.